samedi 23 octobre 2010

Tokyo, fin

Je me lève, je décide de me balader dans Ikebukuro. Comme d'hab, je prends les rues les moins peuplées.
Loin, trés loin, vers là ou les gens habitent, caché derriere une station de monorail, je trouve une resto à ramen ou je peux même pas rentrer avec mon sac.
Je le laisse dans la rue et je commande un GROS ramen. Je sais jamais ce qu'il y a dedans, je prends juste celui qui a la meilleure photo haha
Je crois que le chef me demande si c'est bon(enfin il me parle et montrant le bol). Je lui lance un gros "subarashi !", ça veut dire quelque chose comme "c'est d'la balle mec !".
Alors il me dit pleins de trucs en jap mais je bite rien. Je lui reponds juste que je suis un français de France et que je comprends rien.
Je demande ou se trouve le metro et pis je repars en décidant d'aller à la station qui sera le plus au sud de la ligne. Genre je vais essayer de sortir de la ville.
C'est Shibuya.

En sortant de la bouche de metro j'avise un 7/Eleven et comme la vendeuse parle anglais, je lui demande de m'écrire Kawasaki sur un bout de papier pour que je puisse le reproduire et puis je lui demande la direction de la ville. Elle rigole quand elle comprend pourquoi et me dit que ça marchera pas mais qu'elle va m'aider. ok.

Je sors, je marche et j'entends des protestations. Je vais voir. Ce sont des manifestants devant le siège des nations unies. Je discute un peu, ce sont des réfugiés Birmans qui font partie de l'association Free Burma Campaign qui manifestent et demandent la liberation de "Aung San Suu Kyi". Ils sont accompagnés et soutenus par le Labor Party, le parti des travailleurs japonais.
Je propose au jeune avec qui je discute d'aller boire un thé ou un café. Il a peu de temps parce qu'il va aller bosser mais il accepte.
Il est étudiant en japonais, il s'appelle Zaw Htoo Aung, il bosse a mi-temps, il est ici depuis presque 2 ans et ne peut pas retourner chez lui tant que la situation ne s'améliore pas.
Il est pas fan du Japon et le Japon est pas fan de lui.
Je lui explique un peu ce que je fais, ça le fait rigoler. Je lui explique qu'ici on trouve pas de poubelles dans les rues, alors j'ai pas de bout carton pour écrire le nom des villes dessus. On continue à parler. D'un coup il se lève me dit d'attendre un peu. Quand il revient, il me tend un sac plastique et me dit que c'est un cadeau. Dedans il ya un tableau et un marqueur effaçable !! Il me dit que c'est pour m'aider. Pendant qu'on était au café, il avait demandé à un pote de lui ramener ça(un mec que j'avais vu mais qui avait pas pu venir boire le café).
Trop sympa Zaw ! Il me propose d'aller marcher un peu dans le quartier avant qu'il aille bosser.
Et là, il m'emmène au mega carrefour de Shibuya, que j'aurais probablement raté. C'est le truc qu'on voit dans les films. Il est là. Avec 5 écrans géants et à peu prés 3000 personnes à la minute qui traversent le carrefour en question. La, c'est "over crowdé" comme le diraient nos amis quebecois.
L'endroit qui me donne des sueurs, quoi. On se quitte là.

Je décide d'explorer le coin en sachant qu'après j'ai plus le choix, un réfugié Birman m'a offert le matos, ce soir je fais du stop. Il fait deja nuit, plus rien ne presse.
Et donc, ça y est je l'ai trouvé mon coin à hipsters/posers tokyoïtes !
Des cheveux fous partout, 500 tonnes de gel au mètre carré.
Ca s'appelle Shibuya ! Yes papa !
Et en bons japs qui se respectent, ils font les choses à fond. En plus de la dégaine, certains tapent des poses de fou. C'est hallucinant. Y en a on dirait qu'ils pourraient manger des enfants. Ou bien écorcher vivant des bébés hamsters. Et puis les manger.

Et là, en traversant pour la 4eme fois c'te carrefour géant(quand je comprends rien à ce qu'il se passe, je reviens 50 fois au même endroit), dans la foule, on m'attrape par le bras.
Une nana qui veut me demander un truc. ok.
Sur un bout de papier froissé, écrit en anglais, y a marqué qu'elle est éditrice, elle me montre son magazine qui s'appelle Ground.  ok.
Trés joli beau le magazine, mais un magazine sur quoi ?!
Sur la mooooooooode.... HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ça alors... Shibuya -> ptis babouins hipsters -> mode ?! ok.
Et puis aprés elle me demande si je veux bien être modèle pour son magazine. Payé, bien sur. ok...

QUOI ?!!

(Attention, la partie qui suit est un mensonge du misérable auteur qui se la pète)
Donc un magazine qui parle de la chose qui me vrille le plus le cerveau quand j'arrive dans une ville(enfin, ça c'est pas un mensonge), la mode, la pub, les marques, tout ça quoi... tout ce que j'aime quoi.
tu me demandes à MOI, si je veux être là dedans ? Tu veux que j'te bute ou quoi ?
Alors je lui explique ce que c'est mon luxe à moi. c'est d'être à Shibuya, qu'on m'attrape dans la rue au milieu de 3000 personnes pour me demander si je veux bien être payé pour poser dans un magazine et répondre que j'ai mieux à faire comme faire du stop sur une voie rapide pour aller à Kawasaki en scooter manger un ramen dans un échoppe ou même pas tu poserais ton cul tellement tu trouverais ça pourri.

(rétablissons la vérité vraie)
Pendant qu'elle essaie de m'expliquer tout ça, je réfléchis deux secondes. Je reste une journée de plus pour une photo dans un magazine dont j'ai rien à foutre ou bien je tente le stop direct ce soir. Aprés avoir vu mon copain réfugié Birman, je vais pas aller faire des tofs de mode alors qu'il vient de me payer de sa poche un tableau effaçable de super qualité...
Pis en fait elle me demande mon poids, ma taille et mon age.
Et je peux pas lui répondre, sauf pour l'âge mais ça prend du temps, faut que je calcule et j'ai PLUS LE TEMPS MOI, Y FAUT Y ALLER ! Donc, je décline poliement.
Et je prends tranquillement le chemin de la 2 fois 3 voies quis sort de Shibuya.

Tout ça parce que j'ai un chapeau qui pue la sueur... elle a pas bien vu le marron dans la nuit.

Et j'ai putassement bien raison de décliner.
Je marche comme un ouf à la recherche d'un spot pour me poser avec mon panneau. J'en trouve un juste à une centaine de mètres du carrefour de Shibuya.
Aprés m'être fait confirmer la direction par des djeuns qui se sont gentiement foutus de moi, je me pose.
J'évite les taxis qui s'arrêtent. J'attends en tout 10 minutes et là y a un scooter qui s'arrête en vrac.
Un djeun. Il parle pas anglais. Il me demande si je vais vraiment à Kawasaki. Ben oui.
il prend mon gros sac le met entre ses jambes sur le scoot, il me demande si j'aime le café, j'y dis "ouéé mec !"
Et vroooooooooom vroooooooooooooooooooom à fond les ballons dans Shibuya by night et en moto, il grille les feux le salaud, il double par la gauche, par la droite et tappe des pointes à 90.
Mon premier japonais "rien à foutre de rien". Cool, j'ai trouvé mieux qu'un bosozoku.
On s'arrête devant un café italien qui s'appelle "Lo Spazio", paumé dans un quartier que je sais même pas ou c'est.
Là il me présente sa bande de potes qui rigolent aussi quand il comprennent ce que j'essaie de faire, mais vachement compatissants.
Ils sont super marrants. Le patron est super classe, le serveur aussi. C'est trop rigolo.
Il fait des super bons cafés, les meilleurs que j'ai pu boire à Tokyo jusque là. Il me dit qu'il a appris en Iltalie ou il a bossé pendant 3 ans.
Il dessine avec la crème dans la tasse, des pti coeurs, des feuilles, etc. J'ai oublié de prendre ça en photo.
Il me dit aussi que dans le quartier y a un français qui travaille dans une boite d'importateur de verre de Baccarat.
Et effectivement, le garçon débarque une heure plus tard au café.
Il s'appelle Olivier, il est franco japonais et super sympa.
Tous les gens qui sont là vont vachement m'aider pour la suite du voyage, ils m'aident à écrire des noms de ville et puis des indications comme "dans la direction de...", "destination finale Fukuoka", etc...
Juste avant de partir, j'offre quelques carte postales de la France que j'avais ramenées et pis eux m'offrent un badge "bon voyage" avec un CRS et un clébard dessus. HAHA.
Le jeune qui m'a pris en scooter me dépose dans un parc de Kawasaki ou je peux mettre ma tente. Y a même des toilettes.
J'y dors.

Attention, j'y entrave que dalle mais je vais parler de mode !

La mode pour les hommes à Tokyo, c'est le sac à main.
La mode tokyoïte pour les filles est pas compliquée, y a juste 90% de mini-jupes. Au bas mot. Et si c'est pas une mini-jupe, c'est un mini-short. Apres, j'ai l'impression que c'est vraiment plus une question de mode qu'un réel désir de montrer ses jambes. Dans un café à donuts ou je m'étais arrêté, une nana est restée bien une ou deux minutes la culotte à l'air en train de choisir des donuts. Et PERSONNE a maté... on est au JAPON quoi !!! AU JAPON !!! le pays des mecs les plus perverts-fracassés de l'univers connu !
Encore un démenti ?

Ca me rappelle qu'en Chine, c'est trés courant de les voir en mini-jupe assises, les jambes grande ouvertes. Et pareil, aucun regard lubrique.

Ceux qui ont vraiment leur truc en terme de mode d'ailleurs, c'était HK. C'était vraiment spécial. Trés trés fashion, un peu sac à patate, legerement hipster londonien, trés légerment punkisant. Bon, ça restait encore un truc de poser à deux balle, mais c'était particulier.

Ramen man dans son resto

Les petites filles trop marrantes avec des 
cartables jaune canari, mais la on les voit pas.

Zaw Htoo Aung

Le carrefour de Shibuya

L'equipe du "La Spazio", au milieu, le jeune qui m'a récupéré sur le scooter.
Lui même a un café ailleurs dans Tokyo, d'ailleurs.
 

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