Environ 7-8h de bus. J'arrive pas a dormir.
J'arrive anéanti à Hiroshima vers 7-8h du mat. Heureusement pour moi, il y a un mangakissa pres de la gare.
Je réponds avec beaucoup de retard aux mails importants, je prends une douche et j'explose l'oreiller.
Le mangakissa est tout pourrave. Tout vieux, tout explosé. J'y découvre le super nouveau concept de "ton box il est non fumeur, mais celui qui est juste à ta droite il est fumeur". ok, bon.
Je me réveille tant bien que mal et je me dirige vers le site de l'épicentre de l'explosion atomique de la bombe d'Hiroshima : le dôme.
Sur la route, je tombe sur un orchestre de cuivres feminin qui joue dans le metro. C'est mignon comme tout, beaucoup de musiques ressemblent à des musiques de films. Si j'ai bien compris, c'est l'ochestre des pompiers de Hiroshima. Il y a une des musiciennes qui présente chaque instrument au public : "ça c'est l'oboe, ça fait 'truuuuut', et ça c'est la clarinette, ça fait 'fouiiiiiiik'..."
Elles jouent un trés rigolo morceau accompagnées d'une machine à écrire.
Pour rejoindre le dôme, je prends le tram, c'est trés chouette le tram, on voit bien la ville.
Au dôme, j'apprends que la bombe a explosé à 500m au dessus de celui ci. Aujourd'hui pour le préservé, on a coulé du béton dans les fissures et ajouté des armatures en métal pour tenir les murs.
Y a un musée, il fait suuuuuper froid mais j'ai pas envie d'y aller.
Partout, des floppées de kinkins qui hurlent et qui courent. Ca ressemble plus a une attraction qu'à un mémorial. Les couples se prennent en photo devant en s'accrochant aux grilles et en couinant.
Je tombe sur des lycéens qui se recueillent.
Je me cale dans un café, j'écris, je dessine, je prépare les photos. Je suis éclaté, j'arrive pas à garder les yeux ouverts.
Je crois qu'à Shanghai je vais dormir une semaine entière.
Voila, il est 9h du soir, le café ferme.
Je trouve un resto à ramen.
Je trouve pas de laverie.
Je trouve un mangakissa pourrave. Pas de couchette, que des sièges inclinables. Il est trop tard, je suis trop fatigué, j'abandonne l'idée de trouver une auberge. Putain.
Dans le mangakissa, il fait 28c en dehors des box, dedans, il doit bien y avoir 2 ou 3 degrés de plus.
Encore une nuitée magnifique en perspective. Et ça manque pas.
Je me réveille encore plus mal que le soir d'avant.
J'ai plus ou moins passé la nuit dans une torpeur étouffante.
Je n'ai plus de fringeus propres, je garde celles dans lesquelles je viens de passer la nuit. Je peux quand même prendre une douche.
Je n'arrive pas non plus à trouver de laverie. PUTAIN, y a des villes moins faciles que d'autres quand même...
Bon, et pis là, comme j'aime bien les trains, je décide de prendre le train LOCAL pour aller à Fukuoka : 5h et 3 changements.
J'arrive pas à trouver la station de Fukuoka sur les machines, tu m'etonnes, c'est beaucoup trop loin.
Je demande de l'aide à un mec de JR, ça l'embarasse.
Il me demande si j'ai le JR Pass. Non.
Est ce que je veux prendre le Shinkansen. NON.
Est ce que je suis sur que je veux pas prendre le Shinkansen. NON BORDEL.
Du coup, il me pond un pti papier avec tous les horaires, les noms des gares et les changements que je dois effectuer.
Ben voila !! Nikel, clair et tout. Merci monsieur.
Normalement, quand t'es étranger, t'as le JR Pass, tu prends le Shinkansen, tu prends pas les trains locaux et tu fais pas chier.
Et surtout tu poses pas des questions, tu traces la glace.
Alors, première partie du voyage, nikel.
Ca se gate quand je me prends une méga envie de pisser dans le train surchauffé.
Je descends à ce que je crois être le premier changement, ultra pressé d'aller aux toilettes.
Ben non, c'était pas celui là et là ou je suis y a PAS DE CHIOTTES !
Juste des ptis lycéens qui me regardent avec des yeux exorbités.
C'est sur que là ou je suis descendu, c'est pas souvent qu'on y voit des macaques de mon espece.
Alors, j'attends le prochain, à deux doigts de m'uriner dessus.
Je monte dans la rame.
Je me maudis d'avoir pris ce putain de train alors que je suis explosé, que je me suis pas changé depuis deux jours, que je pue et que j'aurais pu prendre 3h de bus avec des toilettes dedans.
A l'arrêt suivant, je descends, que dis-je, je me téléporte dans les chiottes de la gare.
Et là, je comprends la raison de toute ma souffrance, j'avais un but : la découverte du bouton "bruit de chasse d'eau" des toilettes japonaises.
Tout était écrit, une force invisible m'avait poussé à prendre 5h de train surchauffé et tappe cul au lieu de 3h de bus tout confort.
Elle m'avait mené ici, à la gare de Shimonoseki. Car il n'y a qu'ici que j'aurais pu découvrir ce bouton. Aprés quelques secondes de recueillement, je l'ai même essayé.
Tu appuies dessus et il y a un son tout pourri de chasse d'eau qui sort de la cuvette. Tu peux même régler le volume.
Et tout ça pourquoi ? Pour cacher le bruit de ton caca qui fait ploc ou de ton pet qui fait prout.
Tu le crois ça ? J'étais destiné à avoir cette révélation aujourd'hui..
J'en pleurerais.
Ce qui est "marrant" dans ce que je fais, c'est que quand ça va deja pas spécialement bien, ben je vais faire en sorte de faire des choix encore plus pourris.
Mais je vis des choses incroyables, n'est ce pas ?!
Bon, je me raccroche à ce que je peux hein...
Evidement, j'ai raté mon transfert.
Mais ça je m'en fout, j'ai été touché par la grace. Et j'ai pissé.
Je demande de l'aide à un guichet. Et à nouveau je me retrouve avec une liste super propre des transferts et des horaires.
La JR, à nouveau, c'est cher mais tu sais pourquoi : ils ont des chiottes avec le bouton "bruit de chasse d'eau" dedans.
Finalement, j'arrive à Fukuoka, dans le quartier de Hakata.
Il est 9h du soir. Je cherche même pas une laverie.
Je trouve un tshirt dans un combini.
En sortant, je tombe sur un resto à ramen ambulant ! Enfin un vrai !
Pas de prix affichés, je m'y installe, je commande comme je peux.
C'est pas spécialement bon. Je prends une bière.
Je me fais assassiner au moment de règler.
Bon.
Je trouve un mangakissa pas loin.
Je prends le forfait 15h. Je veux poster ce soir.
Demain, je vais essayer de trouver une laverie parce que je sais comment le dire en japonais et pis je passe en Corée.
Enfin, j'esaie en tous les cas.
Sur pourquoi j'aime les Pocky :
Alors, les Pocky, c'est comme les Mikado chez nous. Sauf que les Pocky excercent sur moi un pouvoir mystique. Quand y en a, j'en prends.
J'en ai trois boites avec moi à l'instant même.
Et aujourd'hui j'ai découvert qui fait la pub pour les Pocky ? Yellow Magic Orchestra.
Et qui fait partie de YMO ? Ryuichi Sakamoto.
Voila.
C'est tout.
Sur les toilettes japonaises ou "je tue le mythe et pour en créer un autre" :
Bon, alors CONTRAIREMENT à ce que l'on peut penser, il y a TOUJOURS du papier dans les toilettes japonaises.
Par contre, c'est encore plus technologiquement avancé que ce que j'avais imaginé.
Il y a pas mal de boutons, en général :
- un bouton pour t'arroser les fefesses quand t'as fait popo.(des fois même deux, un pour faire jet et l'autre pour faire plus arrosoir)
- un bouton quand t'es une fille pour t'arroser la kikette. Attention les garçons, faut pas se tromper, ça surprend.
- deux boutons pour régler le chauffage de la cuvette.
- un bouton "stop" pour tout arrêter, parce que des fois ça devient ingérable autant de confort...
- un bouton pour remonter ou rabattre la cuvette.
- et enfin deux boutons pour tirer la chasse d'eau, petit besoin et gros besoin.
Et pis, plus rarement :
- un bouton pour vaporiser un puissant desodorisant qui te fera fondre le cul si tu t'enlèves pas au moment de le balancer.
- un bouton "BRUIT DE CHASSE D'EAU", qui est mystique et collector. Y a même deux boutons pour regler le volume. BORDEL !
Le pti orchestre du metro
Hiroshima
Le tram d'Hiroshima
Le train pour Fukuoka
Le ramen shop qui m'a assassine.





2 commentaires:
Super photos, comme d'hab!
J'aime beaucoup celle avec l'immeuble en ruine et les 2 enfants.
ça commence à faire un bail que tu n'as pas posté...
J'espère que tu vas bien.
Bises.
JC
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